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Informations sur l’espèce
Le requin océanique (Carcharhinus longimanus) est une espèce de haute mer avec une pointe blanche distinctive sur sa nageoire dorsale. Même si elle est l’une des espèces de requins les plus répandues, se trouvant dans toutes les mers tropicales et tempérées du monde, elle est aussi l’une des plus menacées.
Les requins océaniques ont connu un important déclin de leur population, principalement en raison d’une surexploitation alimentée par une demande mondiale pour leurs grandes nageoires très prisées. La Liste rouge des espèces menacées de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) a évalué les requins océaniques comme vulnérables au niveau mondial, en danger critique d’extinction dans l’Atlantique Nord-Ouest et en Atlantique central. Les requins océaniques fi gurent par ailleurs dans la catégorie de productivité la plus faible établie par la FAO, ce qui signifie qu’ils ont une capacité de reproduction très faible, les rendant particulièrement vulnérables à la surexploitation. C’est également l’une des espèces les plus vulnérables de l’océan.
Plusieurs études scientifi ques montrent la baisse drastique des populations de ce requin. Une étude de population dans le golfe du Mexique a estimé une baisse de 99 % en seulement quatre générations. Pendant ce temps, dans l’Atlantique Nord-Ouest, une analyse a montré des baisses allant jusqu’à 70 % depuis 1992. En outre, une analyse similaire dans le Pacifi que a estimé une baisse de 90 % de la biomasse. Plus récemment, une évaluation des stocks en 2012 dans le Pacifi que occidental et central a déterminé que les requins océaniques sont surexploités et que la surpêche continue de se produire.
Plusieurs pêcheries ciblées existent pour les requins océaniques, qui sont fréquemment capturés aussi en tant que prises accessoires par la pêche au thon et à l’espadon. Bien que le taux de survie de cette espèce soit élevé lors de la pêche à la palangre et que les requins océaniques pourraient être remis à l’eau vivants, la faible valeur marchande de sa viande couplée à la haute valeur de ses nageoires conduit souvent les pêcheurs à retirer les nageoires en mer et à jeter les carcasses par-dessus bord.
Les nageoires des requins océaniques sont facilement identifi ables dans le commerce par la couleur blanche à l’extrémité de leurs ailerons, leur forme arrondie et leur grande taille, faisant d’elles l’un des produits les plus distinctifs dans le commerce des ailerons de requin. L’identifi cation de ces nageoires non transformées peut être accomplie par observation visuelle seule. Une étude de l’ADN des nageoires montre que les commerçants de ces ailerons peuvent identifi er les nageoires de requin océanique avec un taux de précision de 100 %. Les requins océaniques représentent environ 1,8 % des ailerons identifi és qui entrent sur le marché de Hong Kong. À partir de cette information, les scientifi ques ont estimé qu’environ 250 000 à 1 300 000 requins océaniques sont tués dans le monde chaque année pour le commerce des ailerons.
Les requins océaniques reçoivent une certaine protection grâce à des mesures de conservation et de gestion récemment acceptées et grâce à certaines organisations régionales de gestion des pêches (ORGP). Mais ces mesures ne s’étendent pas à l’ensemble de l’espèce, pas plus qu’elles ne réglementent le commerce international. En outre, ces mesures ne sont applicables qu’aux requins océaniques pris dans les pêcheries spécifi ques couvertes par ces ORGP particulières et uniquement dans les pays qui sont membres de ces ORGP. La Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique, la Commission interaméricaine du thon tropical et la Commission des pêches pour le Pacifi que occidental et central ont interdit la conservation à bord, le transbordement et le débarquement de requins océaniques au sein de leurs pêcheries.
Avantages d'une inscription à une annexe de la CITES
Une proposition visant à inscrire l’espèce à l’Annexe II de la CITES a été déposée lors de la 15e réunion de la CoP15 et a été approuvée par la FAO, le Secrétariat de la CITES et le réseau TRAFFIC/l’UICN. Cependant, à cette époque, la proposition n’a pas été adoptée. Bien que certaines mesures de conservation et de gestion ont été prises par les ORGP depuis la CoP15, d’énormes lacunes dans les règlements existent et l’application et le respect de ceux-ci sont limités.
L’inscription du requin océanique à l’Annexe II de la CITES aidera les États à faire respecter leurs interdictions nationales et aidera les Parties contractantes aux ORGP pertinentes à assurer le respect des mesures de gestion existantes. Une inscription à l’Annexe II est à la fois scientifi quement justifi ée et essentielle pour assurer que le commerce n’est issu que de la pêche légale et durable ainsi que pour faciliter la collecte de données sur tout l’habitat de l’espèce.
